Archives pour la catégorie TOULOUSE

21 septembre 2019 : « LA PART CACHÉE DES FEMMES », CONFÉRENCE DE MARIE-HÉLÈNE BROUSSE #J49

VERS LES 49ÈMES JOURNÉES DE L’ECOLE DE LA CAUSE FREUDIENNE. « LA PART CACHÉE DES FEMMES », CONFÉRENCE DE MARIE-HÉLÈNE BROUSSE

21/09/2019

TOULOUSE,

SALLE OSÈTE,  6 Rue du Lieutenant Colonel Pélissier, 31000 Toulouse

La logique de l’universel, de ce qui vaut pour tous est-elle compatible avec le cas par cas ?

Comment se noue ce que l’on est comme être signifiant et ce que l’on est comme être vivant ?

Ces questions se posent dans les institutions comme dans la cure analytique.

La logique féminine, telle que l’enseignement de Lacan la présente, apporte du nouveau. Quelles conséquences pour la clinique analytique d’au-jourd’hui? 

Travaux de Cartel de 14h30 à 15h30 : Des femmes en institution

Dominique Hermitte : In extremis…invention d’un style, Pascale Rivals : Le mystère des larmes, Victor Rodriguez : Secret et fantasme, Vanessa Sudreau : L’événement au féminin

Plus Un, Christiane Alberti : L’inconscient : secret ou concret? 

Conférence de Marie-Hélène Brousse de 15h30 à 17h30 : La part cachée des femmes 

https://www.associationcausefreudienne-mp.com/evenements-de-l-acf-mp-et-du-champ-freudien/marie-helene-brousse-conference-preparatoire-aux-j49

Samedi 25 mai 2019 : Conférence de Dominique Holvoet

Salle Duranti Antoine Osète, 6 RUE DU LT COLONEL PÉLISSIER

(Derrière les Galeries Lafayette)

PAF : 10 Euros, 5 Euros tarif réduit

Inscription : chèque à l’ordre de AL ACF-MP, à envoyer avec vos coordonnées au trésorier de l’ACF-MP : Alexandre Hugues 04 chemin des Combettes, 46090 PRADINES.

(Possibilité de s’inscrire sur place pour les retardataires)

Renseignements : cecilefavreau@gmail.com

BLOG DU SEMINAIRE https://seminairedetoulouse.wordpress.com

SITE DE L’ACF-MP : https://www.associationcausefreudienne-mp.com

Séminaire de Toulouse : le billet d’Eduardo Scarone

Association de la Cause freudienne Midi-Pyrénées

Séminaire ACCUEILLIR LA DIFFÉRENCE

Saison 2

C’EST NORMAL OU PAS NORMAL?

L’ACCUEIL DU SYMPTÔME

Épisode 3

Mercredi 15 mai 2019

FOU, DÉSINSÉRÉ, MARGINAL, DÉSESPÉRÉ, « CAS SOCIAL »…

QU’EST-CE QU’ON EN DIT? QU’EST-CE QU’ON EN FAIT?

SITE DU SÉMINAIRE

Cette troisième soirée s’inscrit, on ne peut mieux, dans la problématique de l’accueil de la différence, avec un paradoxe : 

« tous incomparables » = « tous à la même enseigne d’être incomparables ». 

Une contradiction interne au « pour tous ». 

Du coup, la « promesse » psychanalytique énoncé par Jacques-Alain Miller : « tu ne seras pas comparé », véhiculée jadis par l’idéal et les semblants de l’époque (mais qui ne relève pas simplement d’un idéal) peut être située plutôt comme la prise en compte d’un réel. Car c’est un semblant qui autorise, dans le discours statistique, la comparaison, mettant en sourdine l’impossible de la démarche, alors même qu’un réel y objecte. 

C’est la raison pour laquelle Lacan considérait le discours psychanalytique comme celui qui ne serait pas du semblant.

Problématiser ce point met en relief du coup la fascination des sujets contemporains pour le « pousse-à-la-comparaison », situé, lui, du côté de l’incontournable. « Tous comparés », consigne de l’époque, « tous évalués ». Le sujet contemporain y adhère. Nous aurons à rendre compte et à situer le réel qui y est à l’œuvre.  Cette pente marque notre temps comme un avatar de la passion de l’ignorance, le sujet n’en veut rien savoir, pourrait-on dire, de son incomparable. Une pente dominante le pousse plutôt à l’agrégation groupale, à la marque identificatoire obligatoire. 

Quel accueil peut un tel sujet faire du discours qui promet l’inverse?

Afin de donner des clés de lecture pour entendre un enseignement à travers le cas que présentera Cécile Favreau, qui nous amène aux limites du supportable dans l’acte criminel pour y reconnaître son humanité, Florence Nègre nous rappellera que le discours psychanalytique fait promesse à chaque sujet d’avoir « une prise » sur ce qui l’affecte. C’est bien cet aspect qui s’avère problématique à notre époque, car « avoir une prise » c’est ce qui relève d’un désir. Nous trouvons ici une difficulté dans l’accueil qui est aujourd’hui fait à la psychanalyse (de l’autisme aux programmes de philosophie de terminale). Il y a une dévalorisation collective de la prise possible du sujet sur ce qui l’affecte. Cette prise semble plutôt aujourd’hui ce qui est en priorité rejeté, ce dont on tente de se débarrasser. C’est éventuellement à l’Autre qu’il revient d’avoir une « prise », un pouvoir sur ce qui ne va pas, et qui sera évalué, à l’occasion via la satisfaction des « clients », sur ce pouvoir, son exercice, son efficacité. Les institutions éducatives ou de soins sont également touchées par cette logique à l’œuvre. L’Autre sera jugé d’autant plus positivement qu’il promet de débarrasser justement le sujet de tout pouvoir, le déresponsabilisant (déculpabilisant) de la part qui pourrait lui revenir, prenant en charge la réalisation du soulagement de la souffrance, voire du bonheur lui-même (médicaments, thérapies éducatives contraignantes, remèdes miracles, gadgets de toutes sortes… des « lathouses », comme les appelait Lacan).

Le gain ou le bénéfice que l’éthique de la psychanalyse repère ici est beaucoup moins présent que par le passé dans les semblants collectifs de l’époque. Et nous pourrions dire que notre époque est celle où l’être prend le pas sur le penser, l’exactitude sur la vérité, le moi sur le sujet, le jugement sur la signification.

C’est ce qui rend si important, pour la psychanalyse, pour sa survie, mais aussi dans son « utilité publique », le débat que propose le séminaire de l’ACF Midi-Pyrénées, à condition, comme nous le faisons ici, de ne pas éviter les enjeux les plus épineux et les questions les plus brûlantes.

Eduardo Scarone

Séminaire de Toulouse : mercredi 15 mai 2019

https://seminairedetoulouse.wordpress.com

Séminaire ACCUEILLIR LA DIFFÉRENCE

Saison 2

C’EST NORMAL OU PAS NORMAL?

L’ACCUEIL DU SYMPTÔME

Épisode 3

Mercredi 15 mai 2019

FOU, DÉSINSÉRÉ, MARGINAL, DÉSESPÉRÉ, « CAS SOCIAL »…

QU’EST-CE QU’ON EN DIT? QU’EST-CE QU’ON EN FAIT?

Cette troisième soirée s’inscrit, on ne peut mieux, dans la problématique de l’accueil de la différence, avec unparadoxe : 

« tous incomparables » = « tous à la même enseigne d’être incomparables ». 

Une contradiction interne au « pour tous ». 

Du coup, la « promesse » psychanalytique énoncé par Jacques-Alain Miller : « tu ne seras pas comparé », véhiculée jadis par l’idéal et les semblants de l’époque (mais qui ne relève pas simplement d’un idéal) peut être située plutôt comme la prise en compte d’un réel. Car c’est un semblant qui autorise, dans le discours statistique, la comparaison, mettant en sourdine l’impossible de la démarche, alors même qu’un réel y objecte. 

C’est la raison pour laquelle Lacan considérait le discours psychanalytique comme celui qui ne serait pas du semblant.

Problématiser ce point met en relief du coup la fascination des sujets contemporains pour le « pousse-à-la-comparaison », situé, lui, du côté de l’incontournable. « Tous comparés », consigne de l’époque, « tous évalués ». Le sujet contemporain y adhère. Nous aurons à rendre compte et à situer le réel qui y est à l’œuvre.  Cette pente marque notre temps comme un avatar de la passion de l’ignorance, le sujet n’en veut rien savoir, pourrait-on dire, de son incomparable. Une pente dominante le pousse plutôt à l’agrégation groupale, à la marque identificatoire obligatoire. 

Quel accueil peut un tel sujet faire du discours qui promet l’inverse?

Afin de donner des clés de lecture pour entendre un enseignement à travers le cas que présentera Cécile Favreau, qui nous amène aux limites du supportable dans l’acte criminel pour y reconnaître son humanité, Florence Nègre nous rappellera que le discours psychanalytique fait promesse à chaque sujet d’avoir « une prise » sur ce qui l’affecte. C’est bien cet aspect qui s’avère problématique à notre époque, car « avoir une prise » c’est ce qui relève d’un désir. Nous trouvons ici une difficulté dans l’accueil qui est aujourd’hui fait à la psychanalyse (de l’autisme aux programmes de philosophie de terminale). Il y a une dévalorisation collective de la prise possible du sujet sur ce qui l’affecte. Cette prise semble plutôt aujourd’hui ce qui est en priorité rejeté, ce dont on tente de se débarrasser. C’est éventuellement à l’Autre qu’il revient d’avoir une « prise », un pouvoir sur ce qui ne va pas, et qui sera évalué, à l’occasion via la satisfaction des « clients », sur ce pouvoir, son exercice, son efficacité. Les institutions éducatives ou de soins sont également touchées par cette logique à l’œuvre. L’Autre sera jugé d’autant plus positivement qu’il promet de débarrasser justement le sujet de tout pouvoir, le déresponsabilisant (déculpabilisant) de la part qui pourrait lui revenir, prenant en charge la réalisation du soulagement de la souffrance, voire du bonheur lui-même (médicaments, thérapies éducatives contraignantes, remèdes miracles, gadgets de toutes sortes… des « lathouses », comme les appelait Lacan).

Le gain ou le bénéfice que l’éthique de la psychanalyse repère ici est beaucoup moins présent que par le passé dans les semblants collectifs de l’époque. Et nous pourrions dire que notre époque est celle où l’être prend le pas sur le penser, l’exactitude sur la vérité, le moi sur le sujet, le jugement sur la signification.

C’est ce qui rend si important, pour la psychanalyse, pour sa survie, mais aussi dans son « utilité publique », le débat que propose le séminaire de l’ACF Midi-Pyrénées, à condition, comme nous le faisons ici, de ne pas éviter les enjeux les plus épineux et les questions les plus brûlantes.

Eduardo Scarone