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15 juin à Paris – colloque uforca : la parole et le corps

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COLLOQUE UFORCA : LA PAROLE ET LE CORPS

15/06/2019PARIS, MAISON DE LA MUTUALITÉ

Introduction au Colloque Uforca 2019, par Philippe De Georges

Au commencement est le symptôme1. C’est de là que Freud prend son départ et fraie la voie nouvelle de la psychanalyse. Ça cloche dans le corps et une plainte peut s’entendre pour qui lui prête l’oreille. Or, la souffrance qui fait signe fait aussi trou dans le savoir : la médecine peut tout au plus reconnaître que la cause lui échappe et que son pouvoir de guérir rencontre une limite. L’intuition qui décide de la suite est que dans ce trou du savoir, se révèle la vérité du sujet, qui l’ignore.

Cette vérité, inconsciente par hypothèse, est alors envisageable comme un message enfoui, une révélation à venir. Ce symptôme, par lequel la psychanalyse s’inaugure est donc un nœud entre une chair qui souffre et une parole insue qui la chiffre.

Freud saura faire valoir les deux versants de cette formation de compromis2 : versant de sens (Sinn)3, qui peut se déchiffrer pour peu qu’on y prête l’oreille et qu’on s’en fasse l’interprète ; versant de jouissance (Befriedigung) qui est au fond autant sa signification que sa référence (Bedeutung)4. Aussi bien chez Mademoiselle Elisabeth von R. que chez l’Homme aux rats, Freud avait noté d’emblée la jouissance que le sujet ignore derrière sa plainte consciente.

La lecture du symptôme – comme celle du rêve – a donné naissance à une pratique de l’analyse dont les leviers sont l’inconscient, le refoulement et sa levée, l’interprétation et le transfert. Mais Freud n’a jamais perdu de vue pour autant cette autre dimension inconsciente, qu’il nommait dès l’Esquisse «pulsion» (Trieb)5, au joint du corps et de la psyché. Les limites rencontrées dans l’expérience analytique – limites des pouvoirs de la parole – l’amenèrent à reconnaître dans cette volonté (Will) et cette puissance (Macht), une exigence irréfragable de satisfaction, acéphale et muette6.

Lacan rencontrera à son tour ces points où la parole et le corps se connectent ; impacts du signifiant sur la chair vivante ; première rencontre traumatique qui amorce la réitération7 ; résonance corporelle aux demandes et au « dire »8 ; effets sur la chair jouissante de la parole interprétante, pour peu que celle-ci consonne.

Puis, au terme de son enseignement, le symptôme, pourrait-on dire, fait retour. Mais ce sera au prix d’une mutation, dont l’écriture qu’il adoptera alors – sinthome 9 – fera signe. Car le sinthome n’abolira pas ce qui le précède mais le surmontera, épinglant la jouissance singulière du parlêtre, là où se disait au départ la souffrance du sujet.

Notre expérience actuelle nous permet de mesurer la fécondité de ces éclairages successifs, chaque fois que nous sommes confrontés en analyse aux liens de la parole et du corps. Mais à chaque fois, nous nous retrouvons aussi convoqués par l’urgence d’une recherche, qui porte sur l’au-delà de l’interprétation et la possibilité de contrer le réel10 ou de « bouger les défenses »11. 

1 Texte d’introduction au Colloque Uforca qui se tiendra à Paris, à la Maison de la Mutualité, le 15 juin 2019.
2 Cf. Miller J.-A., « Le Séminaire de Barcelone sur Die Wege der Symptombildung », Le symptôme-charlatan, Le Champ freudien, Paris, Seuil, 1998, p. 11-52.
3 Cf. Freud S., « Le sens des symptômes », conférence 17, Introduction à la psychanalyse, Paris, Payot, 1970.
4 Cf. Freud S., « Les modes de formation de symptômes », conférence 23, Introduction à la psychanalyse, op. cit. 5 Cf. Freud S., Esquisse d’une psychologie, Paris, Érès, 2011.
6 Cf. Freud S., « Pulsions et destins des pulsions », Métapsychologie, Paris, Gallimard, 1968 & « Le Moi et le Ça », Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1981.
7 Cf. Miller J.-A., « L ’orientation lacanienne. L ’Être et l’Un », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris VIII, 2010-2011, inédit.
8 Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 17.
9 Cf. ibid.

10 Cf. Lacan J., « La Troisième », La Cause freudienne, n°79, octobre 2011, p. 19.
11 Cf. Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Les us du laps », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris VIII, 1999-2000, inédit & « L’inconscient réel », Quarto, n°88- 89, décembre 2006, p. 6-11. 

un Hebdo-blog toulousain, special we lacan

Lire le numéro en ligne

SOMMAIRE

Week-end Lacan à Toulouse
Dominique Hermitte

Le colloque de l’ACF-MP s’est déroulé cette année en un Week-end Lacan qui, du vendredi 12 Avril au dimanche 14, nous entraina dans différents lieux de la Ville Rose, pour y faire… rencontre !
Évoquons seulement ici quelques moments forts du samedi 13 Avril où le Théâtre Garonne nous accueillait en ses murs. La Journée, centrée autour de la clinique analytique, proposait notamment les interventions de collègues membres de l’ACF, pour la plus part inscrits depuis de nombreuses années aux enseignements du Collège clinique de Toulouse. Ce furent autant de témoignages d’une politique lacanienne de la psychanalyse. Les fruits de ces nombreux travaux offrirent à un auditoire attentif une déclinaison colorée de l’Inconscient Politique contemporain qui s’y laissa, parfois, entr’apercevoir…
Trois fils tendus pour rendre compte d’une orientation : Les violences à l’école, la violence du signifiant. Étranger… Dis-moi qui tu es. Homme, femme… Genre compliqué !

Ce numéro de l’Hebdo-Blog publie des textes issus des interventions de ce Week-end Lacan.

Ici, c’est l’exil !
Victor Rodriguez

Dépaysement
Clémence Coconnier
Les Hospitalités, de Massimo Furlan

L’enfant devenu tache
Agnès Biaggioni
Un bord au sans parole

Des dires en institution
Alexandre Hugues – Appareiller la violence sans pourquoi

lire le numero en ligne

En savoir plus sur le site du WE Lacan Toulouse

Samedi 25 mai 2019 : Conférence de Dominique Holvoet

Salle Duranti Antoine Osète, 6 RUE DU LT COLONEL PÉLISSIER

(Derrière les Galeries Lafayette)

PAF : 10 Euros, 5 Euros tarif réduit

Inscription : chèque à l’ordre de AL ACF-MP, à envoyer avec vos coordonnées au trésorier de l’ACF-MP : Alexandre Hugues 04 chemin des Combettes, 46090 PRADINES.

(Possibilité de s’inscrire sur place pour les retardataires)

Renseignements : cecilefavreau@gmail.com

BLOG DU SEMINAIRE https://seminairedetoulouse.wordpress.com

SITE DE L’ACF-MP : https://www.associationcausefreudienne-mp.com

Séminaire de Toulouse : le billet d’Eduardo Scarone

Association de la Cause freudienne Midi-Pyrénées

Séminaire ACCUEILLIR LA DIFFÉRENCE

Saison 2

C’EST NORMAL OU PAS NORMAL?

L’ACCUEIL DU SYMPTÔME

Épisode 3

Mercredi 15 mai 2019

FOU, DÉSINSÉRÉ, MARGINAL, DÉSESPÉRÉ, « CAS SOCIAL »…

QU’EST-CE QU’ON EN DIT? QU’EST-CE QU’ON EN FAIT?

SITE DU SÉMINAIRE

Cette troisième soirée s’inscrit, on ne peut mieux, dans la problématique de l’accueil de la différence, avec un paradoxe : 

« tous incomparables » = « tous à la même enseigne d’être incomparables ». 

Une contradiction interne au « pour tous ». 

Du coup, la « promesse » psychanalytique énoncé par Jacques-Alain Miller : « tu ne seras pas comparé », véhiculée jadis par l’idéal et les semblants de l’époque (mais qui ne relève pas simplement d’un idéal) peut être située plutôt comme la prise en compte d’un réel. Car c’est un semblant qui autorise, dans le discours statistique, la comparaison, mettant en sourdine l’impossible de la démarche, alors même qu’un réel y objecte. 

C’est la raison pour laquelle Lacan considérait le discours psychanalytique comme celui qui ne serait pas du semblant.

Problématiser ce point met en relief du coup la fascination des sujets contemporains pour le « pousse-à-la-comparaison », situé, lui, du côté de l’incontournable. « Tous comparés », consigne de l’époque, « tous évalués ». Le sujet contemporain y adhère. Nous aurons à rendre compte et à situer le réel qui y est à l’œuvre.  Cette pente marque notre temps comme un avatar de la passion de l’ignorance, le sujet n’en veut rien savoir, pourrait-on dire, de son incomparable. Une pente dominante le pousse plutôt à l’agrégation groupale, à la marque identificatoire obligatoire. 

Quel accueil peut un tel sujet faire du discours qui promet l’inverse?

Afin de donner des clés de lecture pour entendre un enseignement à travers le cas que présentera Cécile Favreau, qui nous amène aux limites du supportable dans l’acte criminel pour y reconnaître son humanité, Florence Nègre nous rappellera que le discours psychanalytique fait promesse à chaque sujet d’avoir « une prise » sur ce qui l’affecte. C’est bien cet aspect qui s’avère problématique à notre époque, car « avoir une prise » c’est ce qui relève d’un désir. Nous trouvons ici une difficulté dans l’accueil qui est aujourd’hui fait à la psychanalyse (de l’autisme aux programmes de philosophie de terminale). Il y a une dévalorisation collective de la prise possible du sujet sur ce qui l’affecte. Cette prise semble plutôt aujourd’hui ce qui est en priorité rejeté, ce dont on tente de se débarrasser. C’est éventuellement à l’Autre qu’il revient d’avoir une « prise », un pouvoir sur ce qui ne va pas, et qui sera évalué, à l’occasion via la satisfaction des « clients », sur ce pouvoir, son exercice, son efficacité. Les institutions éducatives ou de soins sont également touchées par cette logique à l’œuvre. L’Autre sera jugé d’autant plus positivement qu’il promet de débarrasser justement le sujet de tout pouvoir, le déresponsabilisant (déculpabilisant) de la part qui pourrait lui revenir, prenant en charge la réalisation du soulagement de la souffrance, voire du bonheur lui-même (médicaments, thérapies éducatives contraignantes, remèdes miracles, gadgets de toutes sortes… des « lathouses », comme les appelait Lacan).

Le gain ou le bénéfice que l’éthique de la psychanalyse repère ici est beaucoup moins présent que par le passé dans les semblants collectifs de l’époque. Et nous pourrions dire que notre époque est celle où l’être prend le pas sur le penser, l’exactitude sur la vérité, le moi sur le sujet, le jugement sur la signification.

C’est ce qui rend si important, pour la psychanalyse, pour sa survie, mais aussi dans son « utilité publique », le débat que propose le séminaire de l’ACF Midi-Pyrénées, à condition, comme nous le faisons ici, de ne pas éviter les enjeux les plus épineux et les questions les plus brûlantes.

Eduardo Scarone

Séminaire de Toulouse : mercredi 15 mai 2019

https://seminairedetoulouse.wordpress.com

Séminaire ACCUEILLIR LA DIFFÉRENCE

Saison 2

C’EST NORMAL OU PAS NORMAL?

L’ACCUEIL DU SYMPTÔME

Épisode 3

Mercredi 15 mai 2019

FOU, DÉSINSÉRÉ, MARGINAL, DÉSESPÉRÉ, « CAS SOCIAL »…

QU’EST-CE QU’ON EN DIT? QU’EST-CE QU’ON EN FAIT?

Cette troisième soirée s’inscrit, on ne peut mieux, dans la problématique de l’accueil de la différence, avec unparadoxe : 

« tous incomparables » = « tous à la même enseigne d’être incomparables ». 

Une contradiction interne au « pour tous ». 

Du coup, la « promesse » psychanalytique énoncé par Jacques-Alain Miller : « tu ne seras pas comparé », véhiculée jadis par l’idéal et les semblants de l’époque (mais qui ne relève pas simplement d’un idéal) peut être située plutôt comme la prise en compte d’un réel. Car c’est un semblant qui autorise, dans le discours statistique, la comparaison, mettant en sourdine l’impossible de la démarche, alors même qu’un réel y objecte. 

C’est la raison pour laquelle Lacan considérait le discours psychanalytique comme celui qui ne serait pas du semblant.

Problématiser ce point met en relief du coup la fascination des sujets contemporains pour le « pousse-à-la-comparaison », situé, lui, du côté de l’incontournable. « Tous comparés », consigne de l’époque, « tous évalués ». Le sujet contemporain y adhère. Nous aurons à rendre compte et à situer le réel qui y est à l’œuvre.  Cette pente marque notre temps comme un avatar de la passion de l’ignorance, le sujet n’en veut rien savoir, pourrait-on dire, de son incomparable. Une pente dominante le pousse plutôt à l’agrégation groupale, à la marque identificatoire obligatoire. 

Quel accueil peut un tel sujet faire du discours qui promet l’inverse?

Afin de donner des clés de lecture pour entendre un enseignement à travers le cas que présentera Cécile Favreau, qui nous amène aux limites du supportable dans l’acte criminel pour y reconnaître son humanité, Florence Nègre nous rappellera que le discours psychanalytique fait promesse à chaque sujet d’avoir « une prise » sur ce qui l’affecte. C’est bien cet aspect qui s’avère problématique à notre époque, car « avoir une prise » c’est ce qui relève d’un désir. Nous trouvons ici une difficulté dans l’accueil qui est aujourd’hui fait à la psychanalyse (de l’autisme aux programmes de philosophie de terminale). Il y a une dévalorisation collective de la prise possible du sujet sur ce qui l’affecte. Cette prise semble plutôt aujourd’hui ce qui est en priorité rejeté, ce dont on tente de se débarrasser. C’est éventuellement à l’Autre qu’il revient d’avoir une « prise », un pouvoir sur ce qui ne va pas, et qui sera évalué, à l’occasion via la satisfaction des « clients », sur ce pouvoir, son exercice, son efficacité. Les institutions éducatives ou de soins sont également touchées par cette logique à l’œuvre. L’Autre sera jugé d’autant plus positivement qu’il promet de débarrasser justement le sujet de tout pouvoir, le déresponsabilisant (déculpabilisant) de la part qui pourrait lui revenir, prenant en charge la réalisation du soulagement de la souffrance, voire du bonheur lui-même (médicaments, thérapies éducatives contraignantes, remèdes miracles, gadgets de toutes sortes… des « lathouses », comme les appelait Lacan).

Le gain ou le bénéfice que l’éthique de la psychanalyse repère ici est beaucoup moins présent que par le passé dans les semblants collectifs de l’époque. Et nous pourrions dire que notre époque est celle où l’être prend le pas sur le penser, l’exactitude sur la vérité, le moi sur le sujet, le jugement sur la signification.

C’est ce qui rend si important, pour la psychanalyse, pour sa survie, mais aussi dans son « utilité publique », le débat que propose le séminaire de l’ACF Midi-Pyrénées, à condition, comme nous le faisons ici, de ne pas éviter les enjeux les plus épineux et les questions les plus brûlantes.

Eduardo Scarone

MAFALDA, lundi 13 mai 2019

MAFALDA
Lundi 13 mai 2019
20h30 à 22h30
Maison de la citoyenneté Rives Gauche à St Cyprien, de 

Le groupe toulousain Mafalda se réunira pour sa soirée mensuelle de travail en direction de la 6ème Journée de l’Institut Psychanalytique de l’enfant « La différence sexuelle ».
Lors de cette soirée, nous commencerons le travail de lectures proposées dans les « Perspectives 2021 » prononcées par Daniel Roy et Marie-Hélène Brousse lors des dernières Journées de l’Institut de l’enfant :
Geneviève Desjobert présentera les préfaces des Trois Essais sur la théorie sexuelle de S.Freud.
Alexandre Hugues présentera ensuite une situation clinique issue de sa pratique.
http://associationcausefreudienne-mp.com/…/soirees-mensuell…